Le Centenaire de Rolland-Pilain 1906 -2006
Vendredi 23 juin: Rallye dans le Chinonais, la vallée de l'Indre et réception à l' Hôtel de Ville de Tours
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A 9 heures précises, ce sont quatorze
Rolland-Pilain qui prennent le départ, la RP de Philippe Van der Meulen
reste à Joué, notre ami ne pouvant être avec nous ce matin
en raison d' obligations professionnelles. Mais il est quand même moralement
présent puisqu' il a mis à notre disposition, à titre
de voitures de liaison, deux superbes cabriolets Saab avec des chauffeurs de
luxe, des
étudiants de l' école Supérieure de Commerce de Tours.
Deux sympathiques motards de l' écurie " les Cambouilles tourangeaux " nous
accompagnent également
et nous faciliteront bien la tâche aux carrefours. La RP de Patrick Renaudin
n' ayant pu être restaurée pour ce centenaire, il se dévoue
au volant de l' indispensable dépanneuse.
L' itinéraire a été savamment établi pour nous faire
quitter Joué-les-Tours par des petites routes peu fréquentées,
mais il faut bien à un moment ou à un autre en croiser de plus
importantes et c' est là que nos accompagnateurs nous apportent une aide
bienvenue.
Arrivée place Jean Jaurès des Rolland-Pilain aprés
le Rallye-promenade dans le Chinonais

Apres avoir longé le Cher du coté de Savonniéres, premier regroupement devant le château de Villandry. C' est un peu un supplice de Tantale pour ceux de nos hôtes qui ne connaissent pas la Touraine que de s' arrêter en face de ce joyau de la Renaissance et de ses célébrés jardins sans pouvoir les visiter.. mais le programme de la journée, concocté par Claude Marché et Christian Soyez, a des objectifs beaucoup plus inédits que la traditionnelle tournée des Chateaux de la Loire.

Aprés Villandry, c'est bientôt la traversée de la forêt de Chinon. Le temps est superbe, le soleil ne tape pas trop fort, les petites routes que nous empruntons, notamment la Route forestiére de la Pucelle, sont trés belles et à peine plus fréquentées qu'à l' époque ou Jeanne d'Arc les a parcourues. La promenade est idyllique et nos Rolland-Pilain roulent allégrement, se croyant rajeunies de 80 ans.

Puis nous atteignons le célébré vignoble
de Chinon. Le premier arrêt a lieu aux caves Angelliaume à Cravant.
Une surprise nous y attend :
outre la traditionnelle (et ..généreuse) dégustation, c'
est un véritable Musée que nous visitons vieux outils de vignerons,
locomobile, alambic, tracteur et, plus inattendu, un superbe carillon qui a dû faire
l' orgueil d' un beffroi du Nord mais ne semble nullement dépaysé sous
le ciel de Touraine. Et nous ne sommes pas au bout de nos étonnements:
orgues limonaires, orchestre local de jazz reconstitué en figures de cire
grandeur nature... Hélas il faut écourter.

Nous reprenons la route, poursuivant la traversée de
Cravant-les-Coteaux, ce haut-lieu du vignoble tourangeau.
Et c' est Chinon, la cité de Rabelais " Petite ville, grand renom",
telle est sa devise. Un bref arrêt sur la rive gauche de la Vienne nous
permet d' admirer la vue panoramique sur le château, célébre
par la rencontre de Jeanne d'Arc et de Charles VIl.
Apres avoir longé la rive droite de la Vienne, nous remontons vers la
Loire et traversons Beaumont-en-Véron, capitale de cette petite région
du Véron, qui fut longtemps une sorte de presqu' ile entre Vienne et Loire
(..jusqu 'à ce qu' un pont vienne la "désenclaver" ,
il y a quelques années). Elle est connue pour avoir accueilli à l' époque
des rescapés de la bataille de Poitiers. Quelques jolies demeures, comme
il en existe tant en Touraine, sont aperçues aux détours des routes
et c' est Avoine, célèbre pour sa centrale nucléaire (dite
de Chinon et qui fût la première installée en France au cours
des années 60).

C' est là que le restaurant "Au fil de l' eau" nous accueille pour le déjeuner. Nous y retrouvons Jean Pierre Mahé et son épouse, venus sans leur C23 et leur B25, qui souffrent hélas toutes les deux d' indispositions , Gilles Blanchet nous rejoint également, ainsi que Jean-Luc Péchinot, rédacteur en chef de la revue Le Magazine de la Touraine qui s' apprête, lui, à fêter non pas son centenaire mais son 100 iéme numéro .

Première alerte, trois Rolland-Pilain manquent à l' appel et pourtant la voiture-balai (la Saab du "Directeur de la course") et la dépanneuse qui l' accompagnait n' ont rien vu sur les bas-côtés. Grâce aux "portables", les égarés sont localisés rapidement et nous rejoignent. Ils avaient raté un carrefour malgré un "road-book" pourtant remarquablement précis.

Après le repas, première émotion.. mécanique:
la direction d' une RP donne des inquiétudes à son conducteur,
manifestant une tendance à l' indépendance (qui n' a rien à voir
avec les roues du même nom). La voiture est donc chargée sur le
plateau, les deux passagers recueillis par d' autres participants et la promenade
se poursuit. Nous passons devant Ussé, le splendide château de "la
belle au bois dormant". Nos Rolland-Pilain s' efforcent d' être
les plus silencieuses possible pour ne pas éveiller la belle .
Après la cave Angelliaume le matin, c' est le "musée" de
la "poire tapée", une autre spécialité du Chinonais,
qui nous attend … Rivarennes. Vidéo sur la manière de fabriquer
cet excellent produit et dégustation : la poire séchée est
vraiment tapée puis, une fois bien aplatie, elle est trempée dans
du vin (de Chinon) pour la faire regonfler. Le résultat est tout à fait
remarquable. Etape suivante : arrêt-buffet à Cheillé, chez
nos amis de "La Poule Couasse" dont certains d' entre nous ont déjà pu
apprécier la qualité de l' accueil en d' autres occasions. Ce groupe
de passionnés de la vie rurale d' antan rassemble du vieux matériel
agricole et fabrique des fouaces et autres galettes et pains d' autrefois. Dégustation,
avec rillettes et autres amuses-bouche du cru, arrosés bien sûr,
le tout au son du cor de chasse.

Puis retour sur Tours, via la vallée de l' Indre et Saché. Après Rabelais, c' est Balzac qui nous fait les honneurs de son petit coin de campagne, qu' il chanta avec beaucoup de lyrisme dans "Le lys dans la vallée". Pour ceux qui préfèrent l' art moderne à la littérature, on peut y admirer quelques oeuvres du célébré artiste américain Calder, qui était tombé amoureux, lui aussi, de ce site enchanteur.

A l' entrée de Tours, regroupement à la Gloriette
(ou les Rolland-Pilain
faisaient leurs essais de vitesse dans les années 20 !), prés d'
un camp de gens du voyage non prévu au programme... 120 kilomètres
ont été parcourus par nos vaillantes montures et une seule a eu
recours aux services de la dépanneuse. Le bilan est excellent.
La police municipale nous attend là, en vue du défilé triomphal
qui va nous conduire jusqu'à l' Hôtel de Ville- Ce défilé est
certes triomphal, puisque nous avons le privilège de rouler sur la voie
centrale de l' avenue de Grammont, exclusivement réservée aux
bus en temps normal, et que nous passons tous les (nombreux) carrefours sans
avoir à nous arréter. Mais le public est assez clairsemé dans
les rues et à peine plus nombreux aux abords de l' Hôtel de Ville.
Faut-il accuser la nonchalance tourangelle ? Non, la cause en est un certain...
Mondial de football : l' équipe de France joue ce soir-là . Concurrence
déloyale .
Devant l' Hôtel de Ville, nous attend .notre doyenne, la magnifique type C de 1909, qui est le clou de l' exposition Rolland-Pilain de la Chambre de Commerce. A l' intérieur, la type R de 1922 faisant partie du patrimoine de la ville trône dans le grand hall d' honneur, au milieu de photos et souvenirs évoquant la marque, à coté de l' exposition philatélique évoquée par ailleurs.

Nous sommes reçus par une représentante du Maire
de Tours qui inaugure avec nous cette exposition et, après les "inévitables" allocutions,
nous lui remettons à titre de remerciements la médaille du centenaire
Rolland-Pilain.
Un non moins "inévitable" (mais bien agréable) , vin
d' honneur nous est servi, puis un excellent dîner nous est offert dans
la somptueuse salle des mariages : la mairie a pensé à tout et
un téléviseur retransmet "le match" sans le son toutefois,
ce dont se réjouissent les non-fans de foot (si ! si . il y en a).

Vers 21 h 30, retour à l' hôtel, toujours escortés par la police municipale, toujours sur la voie des bus, et toujours en ignorant les feux rouges. On ne s' en lasse pas .A notre arrivée à l' hôtel, on nous signale à la réception qu 'une de nos voitures est en panne devant l 'Hôtel de Ville. La dépanneuse décharge donc la blessée de l' aprés-midi et retour en ville pour récupérer la malade.
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